Chez les chevaux et bien d’autres mammifères, le transfert embryonnaire consiste à placer un embryon issu de la fécondation d’un ovule d’une jument donneuse, dans l’utérus d’une jument porteuse ou receveuse qui en assurera le développement et la croissance jusqu’au sevrage du nouveau né. Cette méthode est essentiellement utilisée chez les juments de compétition afin de ne pas stopper la carrière sportive et ainsi poursuivre les concours tout en faisant naître une descendance, mais également chez les juments de grande valeur et/ou âgées.

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Le transfert embryonnaire équin est très onéreux, vous devez prendre en compte que chaque tentative reviendra à environ 300 – 350 € HT, il faut rajouter le suivi gynécologique des deux juments soit de la donneuse et de la receveuse, ainsi que la récolte et la préparation de l’embryon. Si vous n’avez pas une jument porteuse vous devrez donc en louer une pour environ 3000-3500€ HT. Enfin la jument receveuse est choisie avec soin, il est recommandé de sélectionner une jument âgée de 3 à 8 ans, bonne laitière et d’une taille légèrement supérieure à celle de la donneuse. Il faut qu’elle soit en bonne santé et sans anomalie ou pathologie utérine. À côté de ça, il faut penser au prix de la saillie ou de l’IA, des frais de déplacement pour vous rendre dans un des centres privés ou nationaux pour effectuer le transfert embryonnaire.

Quel est le déroulement du transfert embryonnaire ?

Le transfert embryonnaire se déroule en plusieurs étapes. Dans un premier temps il est impératif de régler votre jument receveuse si vous en possédez une afin qu’elle ovule entre 2 ou 4 jours près que votre jument donneuse. La jument donneuse est alors inséminée ou saillie selon votre choix, suite à ça il faudra patienter 6 à 8 jours pour atteindre la phase de grande mobilité dans l’utérus pour pouvoir récolter l’embryon par le biais d’un siphonage. La méthode consiste à injecter dans l’utérus de la donneuse un liquide spécifique qui sera vidangé en emportant avec lui l’embryon qui peut être visible à l’œil nu selon sa taille. Pour détecter la présence d’un embryon, il faudra une inspection minutieuse au microscope ce qui prend une vingtaine de minutes.

L’embryon est donc isolé, lavé, placé dans un milieu stérile puis examiné au microscope pour garantir qu’il ne présente aucune anomalie morphologique. L’embryon entouré d’un peu de liquide stérile, placé dans une paillette est ensuite implanté dans l’utérus de la jument receveuse. Il existe deux techniques pour implanter l’embryon, soit il est déposé dans l’utérus en passant par le col donc un transfert cervical ou bien il est déposé directement dans la corne utérine de la jument receveuse via une ouverture dans le flanc donc transfert chirurgical.

La technique la plus utilisée est le transfert cervical car elle est plus simple et donne de bons résultats, mais la contamination de l’utérus au moment du passage de la pipette peut entraîner un avortement c’est pour ça qu’il faudra nettoyer plusieurs fois l’utérus avant et après le transfert.

Quelques vétérinaires et inséminateurs recommandent une vulvoplastie afin d’éviter l’entrée d’air et de germes en fin de gestation quand les tissus se relâchent.

Enfin 7 jours après le transfert, la jument receveuse est échographiée pour déterminer si le transfert est un succès, si c’est le cas l’embryon sera donc à son 14ème jour de développement. Le reste de la gestation se poursuit normalement, il faudra néanmoins effectuer des contrôles pour s’assurer que tout se passe bien.

 

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